LES NEIGES DU KILIMANDJARO




Il y a des ces montagnes qui sortent de l’ordinaire. Impensables. Inimaginables. Qui titillent nos lois de la raison et préfèrent la beauté de l’irrationnel. Le Kilimandjaro fait parti de ces cimes de l’imaginaire.

Seul. Isolé dans la savane tanzanienne. Il dessine une ligne d’horizon impossible et inattendue. Graal photographique des touristes du monde entier. Argument commercial infaillible des locaux. 

Le Kilimandjaro attire et intrigue. Une ligne. Une courbe. Qui joint la jungle aux glaciers. Un sommet plein de promesses. D’aventures. D’inconnu.

On s’est laissé charmer. On s’est laissé tenté. On s’est laissé bercé. Par ce rêve fou. Celui d’aller nous aussi caresser les neiges du Kilimandjaro


Toutes les routes mènent à Rome, mais aussi au toit de l’Afrique. RongaÏ. Marangu. Mweka. Umbwe. Machame. Lemosho… Il a bien fallu trancher. Construire notre itinéraire selon nos envies. Nos attentes.

Rapidité? Fréquentation? Acclimatation? Confort? Diversité? Chacun ses critères. De notre côté, on a opté pour un itinéraire au long cours. Unanimes. Prêts. Déterminés. Entêtés. Lemosho Route. On arrive..


ASCENSEUR POUR LE SOMMET


REZ-DE-CHAUSSÉE: LEMOSHO GATE | 2820M

L’aventure commence les pieds dans la boue. Détrempés. 2820m. Ici, c’est la jungle tropicale. Humide et dense. Envahissante. Une forêt d’ombres et de mystères. Une forêt de brumes et d’intrigues. On reste prudemment sur le chemin boueux. Autour de nous l’air vibre. Les lichens se balancent nonchalamment sur les arbres. Les singes à grandes queues blanches nous épient. Les fougères gouttent à notre passage.

Le soir, les bruits inconnus de la forêt se condensent autour de nous. Un écrin de mystère impénétrables.

Il nous faudra 2 jours pour émerger de cet étage dense et herbeux. Pour retrouver la lumière du jour.


1ER ÉTAGE: PLATEAU DE SHIRA| 3500M

La forêt se raccourcit. S’assèche. On arrive au plateau de Shira. Ici, il n’y a plus que des arbustes et des pierres. A perte de vue. A perte de vent. Seul relief à ce décors, Kibo, sommet principal du Kilimandjaro. Notre objectif.

Et comme une étoile dans la nuit, Kibo, saupoudré de neige, nous guide. Dans cette mer d’arbustes griffus, il est notre point de repère. Et c’est en file indienne que l’on se rapproche doucement chaque jour. Au milieu des porteurs. L’échine courbée. Les sacs sur la tête. Nos petites fourmis. Au devant de nos besoins. 


2IEME ÉTAGE: BARRANCO CAMP & LAVA TOWER| 4000M

Ça y est. Les derniers êtres buissonnants ont disparus. Il ne reste que des touffes d’herbes éparses. Et une forêt de cailloux. On a atteint un nouvel étage. Lunaire. Martien. Que l’on va traverser pendant plusieurs jours. De Moir Hut à Barranco Camp, en passant par Lava Tower. On oscille au milieu  des collines de rocailles. 3900m. 4600m. La brume va et vient. S’accroche au sol. Puis brusquement s’évanouit. Parfois, elle nous laisse apercevoir la silhouette du sommet. Ou la forteresse imprenable de Lava Tower. Le sol fume. Les pierres transpirent. Les nuages et la montagne se mélangent sans cesse.

Aux abords de Barranco Camp et de son célèbre mur, on rencontre de nouveaux compagnons. Les joyeux Sénéçons. Cactus endémiques des pentes du Kili. Ces boules de feuilles nous accompagnent sur un bout de chemin. 


3IEME ÉTAGE: BARAFU CAMP | 4680M

On attaque les choses sérieuses. Barafu Camp. Le camp d’assaut final. Perché sur une falaise aride. Face au monstre. Les yeux dans les yeux.

Il est minuit. Il fait froid. Très froid. On réajuste une dernière fois les lacets. Les sacs. Un sourire crispé. Un rire nerveux. C’est parti.

On se joint à la longue liste de candidats au sommet. Au ballet des frontales. A la danse des lucioles. Dans la nuit noire et la pente raide, on commence la longue ascension finale. Les frontales des trekkeurs devant nous tracent la voie. Un pas après l’autre. « Pole Pole ». On grimpe. On se hisse. Il n’y a plus de temps. Il n’y a plus d’espace. Il n’y a plus de mesure. On perd le compte. La pente du Kili et la nuit noire nous envahissent. On mélange les étoiles et les frontales. On mélange tout.

Le vent et le froid nous accompagnent. S’agrippent. S’installent. Patiemment on monte. Mètre par mètre. On gravit la pente. Endormis. Titubants. Congelés.


ROOF TOP: UHURU PEAK | 5895M

Frigorifiés. Gelés. Transits. On pose nos pieds glacés sur le sommet. Uhuru Peak. 5895m.

On oublie tout. La souffrance de la montée. Le froid. Les longues heures de la nuit. La peur de ne pas y arriver. Tout se mélange. Tout se bouscule.

La magie remplace. Les 1ers rayons du soleil caressent le paysage. Et lèvent le voile sur ce qui nous entoure. Les neiges du Kilimandjaro. Enfin. Rêvées. Attendues. Espérées. Devant nos yeux s’animent les glaciers du sommet. Véritables paquebots échoués dans la poussière. Blocs de neige d’un autre temps. Oubliés. Ils inspirent le respect et la mélancolie. Combien de trekkeurs pourront-ils encore voir passer ? Combien de temps encore pour témoigner ?

Alors on profite. On s’enivre. On s’imprègne. De l’image de ces colosses de glace. Éphémères. Fugaces. Fragiles.

Les neiges du Kilimandjaro




TRUCS & ASTUCES

ETRE EN BONNE VOIE POUR LE SOMMET

Il existe actuellement 8 voies pour accéder au toit de l’Afrique. Chacune avec ses qualités et ses défauts.  Avant de vous lancer tête la première dans les pentes du Kili, pensez à vous renseigner et à choisir votre itinéraire. Les agences pourront vous aider à trancher, mais il vaut mieux  venir avec une idée précise de votre expédition.  Tout dépendra de votre objectif et de vos envies… Voici un rapide aperçu des choix possibles:

MARANGU – LA VOIE COCA-COLA. Voie réputée la plus facile. Hébergement en refuges. Descente par le même itinéraire.
Voie réputée la plus facile. Hébergement en refuges. Descente par le même itinéraire.

MACHAME – LA VOIE WHISKY. Voie la plus fréquentée actuellement. Spectaculaire. Elle rejoint la voie Lemosho au niveau du plateau de Shira. Hébergement sous tente. Descente pas la voie Mweka.

LEMOSHO – LA VOIE DE LA SAGESSE. Voie la plus longue. Théoriquement moins fréquentée (on est réservé sur ce point). Sa longueur et sa montée progressive permettent une bonne acclimatation. Bien meilleure  que sur certaines autres voies plus directes. L’itinéraire traverse des panoramas inoubliables et extrêmement variés. La voie Lemosho rejoint la Machame au niveau du plateau de Shira. Hébergement sous tente. Descente par la voie Mweka.

WESTERN BREACH – LA VOIE ALPINE. Voie la plus difficile et technique. Dangereuse. Parfois fermée pour risque de chute de pierres. Variante des voies Lemosho/Machame au niveau de Lava Tower Camp. Cette voie permet d’atteindre le sommet par le versant ouest du cratère. Hébergement sous tente. Redescente par la voie Mweka.

UMBWE – LA VOIE EXPRESS. Voie la plus directe pour le sommet.  Plus difficile que les voies Lemosho/Machame, elle les rejoint en 2 jours au niveau de Barranco Camp. C’est une ascension très (trop) rapide avec une mauvaise acclimatation. Hébergement sous tente. Redescente par le voie Mweka.

RONGAÏ – LA VOIE DU NORD. Seule voie au nord du Kili. Peu fréquentée, elle permet une variante par le pied du 2ième sommet du Kili. Le Mawenzi. Hébergement sous tente. Descente par la voie Marangu.

NORTHERN CIRCUIT – LA VOIE SAUVAGE. Liaison au nord du Kili qui permet de relier les voies Lemosho et Rongaï. Itinéraire peu proposé par les agences. Hébergement sous tente.

MWEKA – LA VOIE DE DESCENTE. Voie de redescente pour la majorité des itinéraires (sauf pour la Marangu et la Rongaï). Pas de montée possible par cette voie, jugée trop dangereuse car trop directe et rapide.


ATTENTION FROID DEVANT !

 Même si le Kili est tout prêt de l’équateur, il y fait un climat polaire..  Au sommet, le thermomètre fait souvent la gueule. Le vent est froid et vous transperce. Grosses doudounes, moufles de compèt et chaussures chaudes sont de mises.  Les agences conseillent de mettre 3 pantalons pour l’ascension finale. Et honnêtement, on les supporte… Pensez également à emporter des chaufferettes pour les petits doigts sensibles.  Un thermos de thé sera aussi une arme redoutable contre le froid à cette altitude.


MAM – MAL AIGU DES MONTAGNES

Le MAM touche a des degrés différents les personnes en hautes altitudes. Le trekkeur n’y échappe pas. Généralement les signes observés restent bénins –  mal de tête, fatigue, trouble du sommeil, perte d’appétit…  Mais les manifestations peuvent être plus graves et mettre la vie des personnes en danger. Il  faut donc bien écouter son corps et ne pas hésiter à faire part de ce que l’on ressent pour agir en conséquence: aspirine, repos, redescente à plus basse altitude… Pour réduire les risques de MAM, l’acclimatation est essentielle. Voici quelques conseils pour bien s’acclimater:

-Ne pas monter trop vite

-Prévoir des journée de repos / des temps de repos / palier d’acclimatation

-Eviter les efforts intenses en début de séjour

-Monter à une altitude supérieure de celle où l’on passe la nuit.



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